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Marie Chartres

Marie Chartres

Blog de Marie Chartres, publiée à L'Ecole des Loisirs.


Rêve profond

Publié par Marie Chartres sur 4 Mars 2014, 13:43pm

Catégories : #Textes

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En m’approchant de la voiture déglinguée, j’ai eu cette sensation de tomber dans une sorte d’état comateux, pas celui lié à la mort ou à la douleur, mais celui des rêves profonds, ceux dans lesquels on est bien et dont on ne veut pas sortir. La nuit, parfois, ça m’arrive, je rêve et je vois d’abord mon père, puis ma mère, ils se rejoignent au bord d’une falaise et se donnent la main. Ils marchent devant moi, le ciel n’est pas d’un bleu qui fait mal mais d’un bleu doux, profond, il y a un léger vent, la jupe de ma mère flotte légèrement, elle sourit et moi, je suis à quelques mètres derrière eux, j’ai mon ballon de basket sous le bras, mes chaussures de sport aux pieds, je me tiens droit, je vois mes parents devant moi, ils se retournent pour s’assurer que je suis là, je leur fais un signe et je souris, mon visage est lisse et mat, juste ce qu’il faut pour que je me sente heureux, sans boutons, j’avance à la vitesse que je veux, je joue avec mon ballon, je le lance dans les airs et le rattrape, de plus en plus haut, de plus en plus fort. C’est mon rêve. J’entends les vagues, le bruit de la mer qui va et vient pendant que mon ballon s’élance dans les airs pour retomber à terre. Je suis léger, tout me semble aérien puis une nouvelle fois, je lance mon ballon, avec une énergie folle mais il ne revient pas, il reste comme suspendu dans le ciel, je ne comprends rien, mes parents s’arrêtent de marcher et se retournent vers moi, ils me parlent mais je ne les  entends pas, je crois qu’ils hurlent, mon père devient ce visage de colère et ma mère a ce sourire figé comme si on le lui avait collé sur la figure. Ils me font de grands gestes mais je n’arrive plus à parler. Puis ce rêve où je suis bien, où rien ne peut être meilleur se transforme en quelque chose de noir et monstrueux. C’est mon cauchemar. Le ballon retombe du ciel comme un miracle sombre, je me sens terrifié, il se retrouve entre mes mains et je décide de le lancer vers la falaise, dans la mer, pour oublier qu’il s’est retrouvé pendu au ciel. Subitement, je ne veux plus le toucher. Mes parents suivent le ballon, je ne comprends pas, ils décident de suivre son mouvement pour s’en saisir comme s’ils avaient besoin de le sauver, lui, ils font une embardée et sautent tous les deux de la falaise pour tomber dans la mer. Je ne les vois plus. Je me retrouve seul, les vagues en bas vont et viennent, vont et viennent, infiniment et puis il n’y a plus que ma respiration bruyante, sous le ciel bleu et dur,  Il n’y a plus que moi et je pleure. Mon oreiller est trempé lorsque je me réveille. C’est mon cauchemar. Il va et vient. Infiniment. Toutes les nuits. (projet en cours)

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